L'Espagne n'a pas fini de dire ce qu'elle doit à la ruralité et à la littérature. Après Les rats, ce roman est un nouvel hommage aux humiliés et aux offensés, avec un mélange d'âcreté et de douceur.
Le destin du paysan de Castille contraint à trouver dans son propre dénuement sa dignité. C'est aussi la tragédie d'une société dont les fondements vacillent. L'auteur a obtenu la plupart des grands prix littéraires espagnols.
Pour obéir à l'ambition de son père qui le conduit à partir pour la ville et passer le baccalauréat, Daniel doit quitter la vallée qu'il aime tant. Dans son regard d'enfant se met à vivre le monde heureux qu'il abandonne, perçu avec d'autant plus d'acuité et de tendresse qu'il est en train de le perdre.
Toute la nuit où elle reste seule à veiller le mari qu'elle vient de perdre, la veuve de Mario feuillette une Bible qu'il avait l'habitude de lire. Les passages soulignés provoquent en elle une vague de réactions, de souvenirs, de commentaires, et dressent le portrait d'un intellectuel opposant au régime franquiste.